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Texte 3

Les pères oublient

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Petit, écoute-moi...  Tu dors la joue dans ta menotte et tes boucles blondes collées sur ton front moite.  Je vient de me glisser dans ta chambre...   Je veux te faire un aveu:  Tout à l'heure, tandis que je lisais mon journal dans le bureau, j'ai été envahie par une vague de remords.

J'ai été un peu dure avec toi aujourd'hui.  Ce matin, tandis que tu te préparais pour l'école, je t'ai grondé parce que tu te contentais de passer la serviette humide sur le bout de ton nez;  je t'ai réprimandé parce que tes chaussures n'étaient pas cirées;  j'ai crié quand tu as jeté tes jouets à terre.

Pendant le petit déjeuner, je t'ai encore rappelé à l'ordre;  tu mettais les coudes sur la table;  tu étendais trop de beurre sur ton pain...  Au moment de partir, tu t'es retourné en agitant la main et tu m'as dit:  "Aurevoir Papa!"  Et je t'ai répondu en fronçant les sourcils:  "Tient-toi droit!"  Le soir, même chanson.  En revenant de mon travail, je t'ai guetté sur la route.  Tu jouais aux billes, à genoux dans la poussière;  tu avais déchiré tes bas.  Je t'ai humilié en face de tes camarades en te faisant marcher devant moi jusqu'à la maison...  Te souvient tu ensuite?  Tu t'es glissé timidement, l'air malheureux, dans mon bureau, pendant que je travaillais.  J'ai levé les yeux et je t'ai demandé avec impatience:  "Qu'est-ce que c'est?"  Tu n'as rien répondu, mais, dans un élan irrésistible, tu as couru vers moi et tu as jeté tes bras autour de mon coup, en me serrant avec cette dévotion touchante que Dieu a fait fleurir en ton coeur et que ma froideur ne pouvait flétrir...  Et puis, tu t'es enfui, et j'ai entendu tes petits pieds courant dans l'escalier.  

Et bien mon fils, c'est alors que le livre a glissé de mes mains et qu'une terrible crainte m'a saisi.  Voilà ce qu'avait fait de moi la manie des critiques et des reproches;  Un père grondeur !  Je te punissais de n'être qu'un enfant !  Ce n'est pas que je manquais de tendresse, mais j'attendais trop de ta jeunesse.  Je te jugeais d'après l'expériences de mes années.  Et pourtant, il y a tant de générosité, de noblesse et de loyauté dans ton âme.  Ton petit coeur est vaste comme l'aurore qui monte derrière la colline.  Oublions le reste...

Ce soir, je vient m'agenouiller pleins de remords, près de ton lit.  Je sais que tu ne comprendrais point toutes ces choses même si tu pouvais les entendre.  Mais demain, tu verrais, je serais un vrai Papa;  je deviendrais ton copain;  je rirai quand tu riras; je pleurerai quand tu pleureras.  Et si l'envie de gronder me vient, je mordrai ma langue, je ne cesserais de me répété, comme une litanie:  Ce n'est qu'un enfant... un petit enfant !  J'ai eu tord, je l'ai traité comme un homme !  Maintenant que je te contemple, las et abandonné, je sais que tu es un bébé.  Hier encore, tu étais dans les bras de ta mère, la tête sur son épaule...  J'ai trop attendu de toi...  Beaucoup trop... !

 

texte de Linvingston Larned.

 

                     OcéYan

 

 

 

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Arrêtons la haine!

 

 

Graphiques par Lucie

 

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