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Je
suis alcoolique, j'ai besoin de votre aide.
Ne me sermonnez pas, ne me blâmez pas, ne me réprimandez pas.
Vous
ne seriez pas fâchés contre moi si je souffrais de tuberculose ou de
diabète. L'alcoolisme est aussi une maladie.
Ne jetez pas mes bouteilles ; ce n'est que gaspillage, parce que je
trouverai toujours moyen de m'en procurer d'autres.
Ne
me laissez pas provoquer votre colère. Si vous m'attaquez verbalement ou
physiquement, vous ne ferez que confirmer la mauvaise opinion que j'ai de
moi-même. Je me déteste déjà suffisamment.
Ne
permettez pas que votre amour pour moi et votre inquiétude à mon sujet
vous portent à faire à ma place ce que je devrais faire moi-même. Si
vous assumez mes responsabilités, vous m'empêchez irrémédiablement de
les assumer. Mon sentiment de culpabilité augmentera, et vous m'en
voudrez.
N'acceptez
pas mes promesses. Je promettrais n'importe quoi pour me tirer d'affaire.
Mais la nature de ma maladie m'empêche de les tenir, même si je suis
sincère au moment ou je les fais.
Ne
faites pas de vaines menaces. Quand vous aurez pris une décision , soyez
inébranlable.
Ne
croyez pas tout ce que je vous dis ; c'est peut-être un mensonge. Nier la
réalité est un symptôme de ma maladie. Du reste, je suis porté à ne
pas respecter ceux que je peux duper trop facilement.
Ne
me laissez pas vous exploiter ou abuser de votre bonne volonté en aucune
façon. L'amour ne peux survivre longtemps dans un climat d'injustice.
N'essayez
pas de dissimuler la vérité à mon sujet, ou de me soustraire aux conséquences
de mon intempérance. Ne mentez pas, ne payez pas mes dettes, n'allez pas
travailler pour faire face à mes obligations familiales. Ces
interventions peuvent retarder ou atténuer la crise qui , précisément,
me pousserait à rechercher de l'aide. Je peux continuer de nier que j'ai
un problème d'alcool aussi longtemps que vous me permettez d'échapper
automatiquement aux conséquences de mon intempérance.
Surtout,
renseignez-vous autant que possible sur l'alcoolisme et sur la façon dont
vous devez agir avec moi…
Je
vous aime.
Votre
Alcoolique.
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